Filière avicole : Enjeux stratégique de la gestion technico-économique
Depuis sa mise en place, les éleveurs qui bénéficient des prêts octroyés par la Caisse Mutuelle d'Epargne et de Crédit des Eleveurs (CMECEL), éprouvent assez de difficultés à rembourser. Pour répondre à cette préoccupation et dans le cadre de son volet renforcement des capacités des acteurs inscrit au PAA 2010, le FIRCA a initié une f ormation en gestion technico économique au profit de 40 éleveurs de volailles, membres de l'Union des Aviculteurs de Côte d'Ivoire (UACI) et de l'Association Nationale des Aviculteurs de Côte d'Ivoire (ANAVICI).
Pour répondre aux besoins sans cesse croissants des populations en protéines animales, l'Etat de Côte d'Ivoire a initié dès les années 1960, divers programmes de développement des productions animales. Pour le secteur avicole, ces programmes ont porté essentiellement sur la création de centres d'élevage dans certaines villes du pays, dont Bingerville, Bouaké et Daloa. Ces centres avaient pour objectif d'assurer l'encadrement technique des opérateurs et leur approvisionnement en intrants. Si les efforts consentis par les professionnels de la filière ont abouti à la mise en place d'un cadre permettant d'accompagner les opérateurs dans la gestion technique de leurs entreprises, il n'en est pas de même pour la gestion comptable et financière. Ainsi, les éleveurs qui bénéficient des prêts octroyés par la Caisse Mutuelle d'Epargne et de Crédit des Eleveurs (CMECEL), éprouvent assez de difficultés à rembourser. Pour apporter une réponse à cette préoccupation, le FIRCA a initié avec les acteurs de la filière, une f ormation en gestion technico économique au profit de 40 éleveurs de volailles, membres de l'Union des Aviculteurs de Côte d'Ivoire (UACI) et de l'Association Nationale des Aviculteurs de Côte d'Ivoire (ANAVICI).
L'aviculture ivoirienne souffre en effet, depuis plus d'une décennie, de la concurrence déloyale des produits congelés, importés des abattoirs des pays industrialisés. Cette situation qui découle en partie, des insuffisances du cadre réglementaire et législatif, est aggravée par la mise en place d'une fiscalité non adaptée aux activités avicoles, inhibant le développement harmonieux de la Filière Avicole ivoirienne. L'activité avicole ivoirienne dans son ensemble et, principalement la commercialisation des produits de l'élevage est essentiellement traditionnelle. La majorité des aviculteurs ne tient aucune comptabilité et n'enregistre aucune information écrite en raison d'une insuffisance de formation en gestion technico-économique. Tout comme la plupart des filières agricoles de notre pays, l e faible niveau d'organisation des aviculteurs constitue un handicap dans la mise en marché des produits avicoles et la prise en compte de leurs préoccupations. Cette situation est rendue encore plus difficile par l'insuffisance de structure de financement des activités avicoles et l'octroi de crédits d'investissement pour la modernisation de la filière .
Cette formation permettra donc d'aider les apprenants à maîtriser les calculs de charges d'exploitation des activités, des coûts de production et des résultats d'exploitation. Elle contribuera donc à accroître le revenu des éleveurs, grâce à une bonne gestion de leurs exploitations. En effet, l a filière avicole ivoirienne représente au moins 50 milliards de chiffres d'affaires (en 2009), 40 mille emplois directs et indirects, un débouché important pour les produits agricoles et sous produits agro-industriels (maïs, tourteaux de coton, tourteaux de soja, poudre de poisson, etc.). Elle possède en outre, l'ensemble des maillons nécessaires au développement d'une filière moderne et compte un cheptel reproducteur d'au moins 250 mille têtes. L'accouvage est assuré par une douzaine de couvoirs qui cumulent une capacité de production annuelle de 30 millions de poussins d'un jour, avec une production réelle de 16 millions de poussins (en 2009). Les exploitants individuels sont environ 1 500 aviculteurs, dont 1 000 éleveurs de poulets de chair et 500 producteurs d'œufs de consommation.
La Filière Avicole ivoirienne est autosuffisante en œufs de consommation et couvre plus de 80% de ses besoins actuels de viande de volaille moderne. La distribution des produits se fait à travers deux circuits :
Le circuit moderne assure la distribution de près de 50 % de la production de volailles à travers une chaîne d'abattage et la distribution de 10 % de la production d'œufs de consommation en produits conditionnés,
Le circuit traditionnel assure également la distribution de 50 % de la production de volailles en produits vifs et près de 90 % de la production d'œufs de consommation.
A ce jour, la Filière Avicole ivoirienne dispose de l'ensemble des maillons nécessaires au développement d'une aviculture moderne (fermes de reproducteurs, couvoirs, unités de fabrication d'aliment, exploitations avicoles, abattoirs de volailles et centres de conditionnement d'œufs de consommation, etc.). Toutefois, beaucoup d'efforts restent à faire en matière de renforcement des capacités des acteurs. Il est à espérer que la formation initiée par le FIRCA, soit l'une des réponses attendues pour donner un dynamisme nouveau à la filière.
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