EVENEMENTS - 2011

L'hôtel Ibis Plateau a abrité le mardi 21 juin 2011, un atelier de restitution des résultats de deux projets de la Filière Banane : ‘' Incidence du nématode Pratylenchus coffeae et lutte biologique contre le charançon noir de la bananier et 7 ème campagne d'analyses monitoring cercosporiose du bananier'' . Organisé par le FIRCA, cet atelier qui avait pour objectif de communiquer et d'échanger avec les acteurs de la Filière Banane sur les résultats des travaux de recherche des deux projets réalisés, a réuni 56 participants représentant la Direction de la Protection des Végétaux et du Contrôle de la Qualité (DPVCQ), les producteurs et exportateurs de la Filière Banane, le CNRA, CROPLIFE-CI et les Chercheurs des Universités d'Abidjan.

Le secteur de la banane dessert subit des dégâts importants dus à la présence de nématodes dans la bananeraie. En effet, les nématodes représentent, l'un des principaux facteurs limitant la production de la banane dessert en Côte d'Ivoire, car leur parasitisme racinaire affecte d'une part, l'alimentation minérale et hydrique du bananier et d'autre part, sa fixation au sol, occasionnant une importante perte de rendement. Malheureusement, les producteurs de banane ont une connaissance limitée des parasites et ravageurs. Pour pallier ces difficultés, le FIRCA a financé deux projets de recherche conduits par le CNRA, dont la restitution fait l'objet de cet atelier.

Trois présentations, à savoir: l'incidence du nématode Pratylenchus coffeae en culture de banane, la lutte biologique contre le charançon noir du bananier et la 7 ème campagne d'analyses monitoring cercosporiose du bananier, ont fait l'objet d'échanges de la part des chercheurs du CNRA et de débats avec les acteurs de la filière.

De la première présentation, il ressort que le nématode P. coffeae est présent dans toute la bananeraie ivoirienne, en grand nombre dans la zone de l'Est Comoé, avec un impact négatif significatif sur la croissance des bananiers, se traduisant par une réduction du plant (36 à 69%) par rapport au témoin. Des méthodes de lutte contre ce nématode existent. Ainsi, en dehors de l'application de nématicides, la jachère contrôlée avec Tithonia diversifolia, une herbe de la famille des Astéracées, permet de réduire de façon notable les populations de nématodes.

Dans la lutte biologique contre le charançon noir du bananier, objet de la deuxième présentation, la recherche a identifié dans le sol des bananeraies, des champignons entomopathogènes. Les résultats sont satisfaisants, car les taux de mortalités des charançons dus aux champignons oscillent entre 50 et 90%.

Quant aux résultats de la 7 ème campagne d'analyses monitoring cercosporiose du bananier, ils révèlent quelques risques de résistance de la maladie aux benzimidazoles sur des plantations dans les zones d'Aboisso, d'Azaguié et d'Agboville ; en revanche, aucune résistance aux strobilurines n'est signalée. En outre, la sensibilité de la cercosporiose aux triazoles reste variable selon les zones. La recherche a noté également une amélioration de la lutte mécanique et une baisse généralisée du niveau de la maladie sur les plantations.

Les débats qui ont suivi les présentations, ont permis aux participants, de faire des propositions qui vont de l'expérimentation de nouvelles plantes de couverture pour les jachères contrôlées, à la mise à disposition par les firmes phytosanitaires de fongicides, en passant par l'étude de la rémanence des effets du champignon et l'expérimentation de substrats de culture du champignon, autres que le riz mi-cuit. Les participants ont, dans l'ensemble, apporté des contributions nécessaires à la poursuite des études et ont souhaité que les travaux de recherche futurs prennent en compte leurs préoccupations.